Essai

Libérées, le combat se gagne devant le panier de linge sale-Titou Lecoq.

Libérées

Avec Libérées, le combat se gagne devant le panier de linge aux éditions FAYARD, Titou Lecoq vous propose une réflexion féministe et pleine d’humour sur la condition de la femme dans notre société actuelle avec pour fil rouge cette fameuse chaussette devant le panier de linge… Alors, libérée, délivrée?? Lisez-le et mener votre propre combat au sein de votre vie quotidienne.

Résumé de la quatrième de couverture:

« Un jour, je me suis demandée : pourquoi est-ce moi qui ramasse les affaires qui traînent ? Je n’ai trouvé qu’une seule réponse. Parce que je suis une femme qui vit avec un homme et deux enfants et que, conséquemment, les corvées, c’est pour ma gueule.
Être une femme, ce n’est pas seulement l’idéal de minceur et de cheveux qui brillent, c’est le souci permanent des autres et du foyer, c’est être sans cesse ramenée à la saleté, aux taches, à la morve. L’égalité serait déjà là, mais les femmes conservent la conviction intérieure qu’elles doivent s’occuper de tout et tout le monde, et d’elles en dernier, s’il reste cinq minutes à la fin de leur triple journée.
Cette féminisation de la sphère privée implique une autre conséquence : l’espace public est toujours masculin. Peut-on se dire égaux quand la moitié de la population adapte ses vêtements en fonction des transports et fait attention à ne pas être seule la nuit dans la rue ? Et si le combat féministe devait encore et toujours se jouer dans la vie quotidienne de chacune et chacun, chez soi, dans sa propre maison, devant le panier de linge sale ?

Mon avis:

Je remercie vivement Carnet Parisien et les éditions FAYARD pour l’envoi de cet essai.

Titiou Lecoq nous propose une réflexion sur l’identité de la femme au sein de notre société actuelle mais avec un regard bien évidemment sur son évolution. La présence de nombreux sondages étaient très intéressants même si comme le reconnaît l’auteur, certaines réponses données peuvent être biaisées.

Le point de départ: une chaussette sale devant le panier de linge. Et la question: « Pourquoi est-ce à moi de la mettre dans le panier? » Titiou Lecoq aborde alors le sujet de la charge mentale. Vous savez, Emma en a parlé dans une de ces BDS. Il s’agit du fait que les femmes doivent gérer et penser à de nombreuses choses en même temps. Leur cerveau n’est jamais sur pause ou repos. Il faut penser, planifier, anticiper, prévoir, faire avec les imprévus, … Bref le cerveau féminin est tellement sollicité qu’il frôle le burn out quotidien.

La charge mentale-quand vous devez penser, anticiper, calculer, organiser. Je me suis retrouvée dans les statistiques déprimantes de couples plus ou moins égalitaires que l’arrivée du premier enfant déstabilisait totalement.

La charge mentale est une forme de dédoublement des femmes parce qu’elle les force à l’ubiquité, à un état de vigilance envahissant. On parle beaucoup de la nécessité de déconnecter du boulot quand on rentre le soir ou le week-end. L’inverse est vrai. Il faudrait se déconnecter de la maison quand on est au travail. Malheureusement, il existe des arrêts de travail, mais pas d’arrêt de maison.

Par le biais, de témoignages, sondages et explications, l’auteur nous explique que tout est une question de conditionnement de l’image de la femme: la femme au foyer, l’image du foyer avec les photographies d’intérieurs impeccables sur instagram. Cette nécessité que la femme doit tout gérer ou gérer beaucoup et le faire à la perfection sans se plaindre, telle Bree Van de Kamp. Je vous rappelle comment elle sature???

Dans son spectacle, « Née sous Giscard », Camille Chamoux se demandait pourquoi on passe des heures à faire des brocantes pour trouver le petit réveil qu’il y avait chez notre grand-mère alors que, concrètement, les dimanches passés chez mamie, on se faisait sacrément chier.

La notion d’égalité est également abordée. Celle-ci est pervertie et j’ai beaucoup apprécié ce raisonnement.

Et c’est précisément là que se situe l’arnaque dans la subtile différence sémantique qui sépare « juste » d' »égal ». Nous avons perverti la notion même d’égalité. Celle-ci voudrait que les tâches soient partagées à 50/50.

Voilà ce que donne l’impression d’égalité. En réalité, ce qu’on qualifie pudiquement de « juste », c’est une inégalité insupportable. Les statistiques ne sortent pas de nulle part. Si on ne s’y reconnaît pas, c’est peut-être aussi parce que personne n’a envie de critiquer son propre couple.

Nous nous contentons de ce que nous avons et du résultat des combats antérieurs menés. Au XXIème siècles, d’énormes avancées ont été réalisées mais il ne s’agit pas d’une arrivée égalitaire.

[…] on ne peut pas tout avoir. On a bercé ma génération de l’illusion qu’une femme pouvait tout avoir, illusion qui finit écrabouillé par le principe de réalité. Mais la vie, c’est plus compliqué que ça. C’est fait d’une succession de périodes. Il y a des périodes où je consacre plus de temps au boulot, d’autres plus à mes enfants, […] Rien n’est fixé. Et puis, il y a des moments. Il y a des moments où on y arrive […] D’autres où on se dit qu’on est nulle.

Tout repose sur la femme: sur l’image que la société se fait du rôle de la femme. Celle-ci subit la pression de la société, de la famille et sa propre pression. Au final, ne devons-nous pas nous libérer de nous-mêmes avant toute chose?

Bref, un moment consacré à quelque chose hors de toute contrainte qui ne réponde à aucune visée utilitariste. Les suggestions sont plutôt de s’enfermer dans la salle de bains pour prendre un bain, s’enduire de crème hydratante, faire un masque, aller dans un institut essayer un peeling miraculeux. Il ne s’agit pas de vrais moments à soi, mais de temps pour répondre à d’autres impératifs modernes […] plutôt de l’ordre de la bonne conscience et de la satisfaction d’avoir fait ce qui devait être fait.

Titiou Lecoq ne nous propose pas un livre de recettes magiques. Mais une réelle réflexion sur la condition féminine et sur la continuité du combat.

Parfois, j’ai un peu décroché car il y a un peu trop de sondages à mon goût. Même si j’ai apprécié l’image du sac à main comme une anticipation à portée de main, le « au cas où », j’ai trouvé que le fait d’être privée de liberté par cet objet poussait le raisonnement dans une voie qui ne me convenait pas.

C’est l’avantage du genre de l’essai: chacun y trouve son compte en fonction de son vécu. J’ai apprécié que les thèmes du harcèlement de rue et de l’espace public soient abordés. J’aurai aimé qu’ils soient davantage développés.

Une déculpabilisation des « travaux » de la femme germe depuis quelques années. De nombreux blogs, livres, pages d’auteurs se multiplient et permettent de se sentir moins seule et de pouvoir partager. Ce livre permet justement cet échange et c’est pour cela que je le recommande et que je préconise même de le faire passer de sac à main aux mains.

Le style de l’auteur y est pour beaucoup. J’ai souvent eu l’impression d’être face à une bonne copine avec qui j’échangeais sur la condition féministe et féminine. Tout est une question de représentation sociale, de rôles, de « descendantes ». Les chapitres sont courts et permettent de faire des pauses afin de mener sa propre réflexion ou d’appeler vos amies pour en discuter.

Le titre: Libérées:

  • fan de Disney, je ne pouvais que penser à la chanson de la Reine des Neiges, qui peut s’appliquer à la lecture 😉 (oui je sais, je viens de vous la mettre en tête)
  • le sous-titre: « le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale » est intrigant. Il n’est pas seulement question de répartition des tâches. Ce n’est pas la peine de prendre votre bullet journal à côté de votre lecture! Il s’agit d’un point de départ de réflexion et d’un fil rouge tout au long de la lecture.

La note: 14/20. N’étant pas une grande habituée des essais, le côté sondages et certaines idées un peu trop poussées dans le féminisme m’ont un peu gênées. Toutefois, j’ai apprécié la lecture et je la recommande.

Elle permet réellement d’apprendre certaines choses sur l’image de la femme et de poursuivre un raisonnement que nous avons quasiment toutes. Nous nous retrouvons forcément dans certaines situations décrites par Titiou Lecoq avec beaucoup d’humour. De nombreuses fois, je me suis exclamée: « Ah mais carrément!!! C’est très bien dit! », « Oh mais je ne savais pas!! ». Bref, si vous voulez une lecture édifiante, je vous la conseille et surtout partagez-la!

Libérées 2

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